lundi 1 octobre 2012

CE QUI DOIT ÊTRE FAIT SE FERA



Les mots se tassent au fond de ma gorge pour ne pas tomber dans ma bouche.
Ils se perdent dans une sorte de labyrinthe afin de ne pas arriver à la sortie.
Ils se pressent ensuite pour atteindre des zones retirées, voire des recoins inexplorés, comme pour se mettre à l’abri, derrière une sorte de rempart infranchissable.
On aurait dit qu’ils se cachent pour me protéger.
Ils insistent pour que je ne sois pas tenté de rompre mon silence et me demandent d’attendre, de patienter, de faire preuve d’endurance et qu’au moment voulu, ce qui doit être fait se fera.
Ils veulent en fait me signifier que dans chaque mot, il y a ce qu’il y a avant le mot.[1]



BOUAZZA

dimanche 30 septembre 2012

LES « ROMS » CEST QUI ?



Les imposteurs de tous bords ne sont pas avares de « bonnes paroles » en leur qualité de « veilleurs sur les valeurs de l’humanité » et autres, lorsqu’il s’agit d’essayer de masquer l’imposture.
Mais il suffit que le mot « roms » par exemple soit prononcé, pour que des synonymes crépitent : voleurs, violeurs, violents, voyous, vagabonds, vauriens.
Les mêmes mots qui désignent les « immigrés », les « arabes », les «musulmans, c’est à dire les « terroristes ».
Au mois d’août, le gouvernement de gauche a ouvert la chasse aux « roms ».
Des campements rasés un peu partout par « la force publique en exécution de décisions de la justice », et des populations, hommes, femmes et enfants expulsés.
Le ministre socialiste de l’intérieur, Manuel Valls, premier flic de France comme il se définit fièrement lui-même,[1] souligne qu’il va faire « régner l’ordre public ».
Ainsi, en France, tout continue d’être entrepris contre ceux et celles qui ne sont pas « intégrés » au désir des « autorités compétentes ».
La « loi » doit donc continuer de s’appliquer contre les « bandes de nomades » dits « itinérants », « bohémiens », « gens du voyage », « gitans », « tziganes », « manouches », « romanichels » et autres qualificatifs méprisants et haineux, auxquels est greffé le mot « roms » qui doit s’appliquer à « l’invasion des délinquants venus de Roumanie ».
Des commentateurs et tateuses, répètent que les « roms » c’est des Roumains, que la Roumanie fait partie de l’Union Européenne qui reconnaît « la liberté de circulation » aux européens en Europe, mais pas aux « roms ».
Vous ne comprenez pas ?
Pourtant c’est clair.
Oui, certains sont français, mais comme le sont des maghrébins, c'est-à-dire, des bougnoules, des ratons, des melons, des musulmans, donc, des assassins.
Des populations exclues et combattues depuis des lustres.
Que faire puisqu’elles refusent « l’intégmilation » ?[2]
Toutes les arguties habituelles ont fleuri, fleurissent et fleuriront.
Toutes les agressions contre ces populations sont en fait des actions « pour leur bien », « pour les civiliser ».
C’est comme dans les colonies : toutes les destructions et tous les massacres ont été entrepris « pour le bien des indigènes », « pour les civiliser ».
Le jeudi 27 septembre 2012,[3] des populations, issues du processus migratoire d’Afrique du Nord, ont pris la tête d’un groupe à Marseille, qui a chassé des « roms » et incendié leur campement.
« Les autorités compétentes » ont précisé avec arrogance et mépris  que « les roms ont quitté les lieux en abandonnant leurs détritus ».
La propagande entretient les amalgames autour de mauvais comportements de certaines catégories de populations, et les oppose les unes aux autres pour servir les intérêts des imposteurs de droite, du centre, de gauche et d’ailleurs, en alimentant et en entretenant encore et toujours l’arrogance, le mépris, la haine.[4]



BOUAZZA


[1] En rêvant d’être installé un jour sur le trône du Palais de l’Élysée.
[2] Contraction d’intégration et d’assimilation.
[3] Selon le calendrier dit grégorien.

samedi 29 septembre 2012

RENAISSANCE ?


Seul Allaah peut percer le secret du vécu intime.
Un homme de plus de soixante ans semble fouiller du regard, les coeurs de ceux et de celles qui sont avec lui.
Il sait que les forces criminelles du colonialisme français au Mghrib[1] mettent en place des bases d’agressions, commettent des horreurs, et acheminent d’énormes moyens de destruction.
Il a choisi la résistance.
Le jour s’en va.
Une jeune fille se penche au ruisseau bordé de lauriers roses pour se rafraîchir le visage.
Elle regarde les reflets dans l’eau.
C’est  l’une de ses enfants.
La nuit survient et couvre une grande étendue de tentes noires à poils de chèvres.
De loin, les lumières des loupiotes à huile semblent être le reflet des étoiles sur la terre.
D’un brasier monte l’odeur du mchoui[2] que préparent des hommes.
Des femmes font le pain.
Des enfants s’amusent à côté des flammes qui éclairent des visages d’où se dégage une paix des cœurs et des sens.
La nuit avance.
Le vieil homme semble renaître.
Il se fait tard.
Le silence s’instaure.
Les parois des tentes se baissent.
Il a laissé la ville de Khnifra[3] : Vide.
Les murs ne sont que des remparts éphémères.
Comme l’existence ici-bas.
La foi est en lui.
Immémoriale.
Il a failli l’oublier.
Le colonialisme est venu le lui rappeler.
Lui rappeler ce qu’il perdait.
À l’aube, les troupes attaquent.
Les tentes sont encerclées.
Les canons tonnent.
Les balles crépitent.
La montagne explose, déversant des cavaliers.
Les ombres se rassemblent à l’appel.
Les chevaux hennissent, montent à l’assaut, refluent comme des vagues, insaisissables, puis remontent.
La marée des cavaliers devient une tempête, avec un vieux sur un cheval noir luisant.
L’agresseur est écrasé.[4]
Le vieil homme s’éloigne.
Des années plus tard, il combat toujours.
Beaucoup ont quitté l’existence ici-bas.
Le nombre des traîtres augmente et comprend même ses fils.
Des atrocités sont commises par le colonialisme.
Les pires méthodes de l’occupation sont pratiquées.
La résistance s’affaiblit.
Le vieil homme fait de longues randonnées à cheval malgré ses soixante dix ans.
Il vibre d’une profonde vitalité, écoute la musique des cascades, les perdrix qui cacabent, regarde pendant de longs moments les arbres dont les racines sont fermement implantées dans la terre, et dans les branches s’élèvent dans les cieux.
Il contemple les magnifiques cèdres de cette montagne appelée par d’autres le Moyen-Atlas.
Son être est débarrassé de toute peine.
Il est apaisé.
Serein.
Par moments, sa fille qui résiste comme lui, l’accompagne.
Un soir de 1920, il fallait faire face à une autre attaque.
Affronter encore des traîtres parmi les assaillants.
Des tirs ennemis.
Il est touché.
Moha Ouhammou reste un moment debout, puis s’effondre sur sa fille, tuée avec d’autres résistants.
Un air doux caresse leurs visages et les arbres avoisinants les couvrent de leur ombrage.
A-t-il saisi le Sens de ce à quoi il s’était engagé ?
Ce qu’entraîne l’engagement pris avant même qu’il ne soit ici-bas ?[5]
Et sa fille ?
Et les autres tués ?
Et les autres résistants ?
Et moi ?
Et vous ?
Qu’avons-nous fait de l’engagement ?
Qu’est-ce que nous en faisons ?[6]



BOUAZZA


[1] Le r roulé, Maroc.
[2] Méchoui, chchwaa, viande grillée.
[3] Le r roulé, Khénifra.
[4] Il s’agit de la bataille d’Alharri, d’Elherri (le r roulé) qui a eu lieu le 14 novembre 1914, selon le calendrier dit grégorien.
[5] L’histoire des êtres humains commence avant leur apparition ici-bas, par leur engagement à la croyance à Allaah.
Ils naissent croyants.
Cela n’empêche pas que des personnes nient l’engagement par lequel elles ont reconnu qu’Allaah Est leur Seigneur.
En effet, des changements interviennent tout au long de l’existence ici-bas.
Les uns gardent cette croyance, les autres la perdent, et certains, selon des modalités différentes, des cheminements divers, et des voies multiples, y retournent.
Et lorsqu’une personne après des errements retourne à la croyance à Allaah, c’est le "retour du cœur dans sa patrie" comme le dit pour ce qui le concerne Léopold Weiss, qui a choisi de s’appeler Muhammad Asad (Mohammad Açad).
Et lorsque ton Seigneur tira des reins des fils d’Aadame leur progéniture et les fit témoigner contre eux-mêmes : Ne suis-Je pas votre Seigneur ? Ils dirent : Si, nous en témoignons
Alqoraane (Le Coran), sourate 7 (chapitre 7), sourate Ala’raaf, L’Enceinte du Paradis, Les Limbes, aayate 172 (verset 172).

vendredi 28 septembre 2012

« FILS DE LA FOLLE »

À quel moment au juste, j’ai été traité pour la première fois, de « fils de la folle » ?[1]
Je ne sais pas.
Le mariage de ma mère avec mon père ne s’était pas déroulé comme prévu.
Elle a été trompée.
La confiance a été trahie.
Avec le divorce, les cinq enfants, mes sœurs, mon frère et moi, lui avons été arrachés.
Elle est retournée chez ses parents.
Je n’ai pas su à quel moment exactement, elle s’est jetée dans une rivière pour se noyer.
Par la miséricorde d’Allaah, elle a survécu.
Elle a épousé son cousin en deuxièmes noces, et quatre autres enfants, mes sœurs et mon frère, sont nés de ce mariage.
Ma mère a été traitée de folle parce qu’elle a tenté de se noyer.
Elle ne m’a jamais parlé de cela.
Et moi non plus, je ne l’ai jamais fait.
Son existence ici-bas s’est achevée le 28 juin 2008.[2]
Elle avait quatre-vingts ans.
Elle était grand-mère de nombreux petits-enfants.
Flots de pensées.
Averses d’images.
Afflux de sensations.
Larmes.
Les « larmes sont-elles des perles de la pensée, comme la rosée après une nuit noire : l’ultime de ce qu’un homme a pu ressentir et penser et que sa plume n’a pas pu traduire en mots ? »[3]



BOUAZZA


[1] Ould (wld) lhmqa.
[2] Selon le calendrier dit grégorien.

jeudi 27 septembre 2012

mardi 25 septembre 2012

À QUOI PENSIONS-NOUS ?


C’était l’automne de l’année 2011.[1]
Nous sommes de dos, mon épouse et moi.
Je suis tout de noir vêtu : Longue veste en cuir et pantalon de velours.
De longs cheveux blancs attachés derrière.
Mon épouse est également habillée de noir : Manteau et pantalon.
Un bonnet blanc couvre ses cheveux de la même couleur.
En regardant la photo, les personnes qui n’y étaient pas ne distingueraient qu’une sorte de tache blanche, et prendraient peut-être le bonnet pour ses cheveux.
Mon épouse couvre ses cheveux lorsqu’elle est à l’extérieur de la maison, ou lorsque des hommes sont parmi des invités à la maison.
Cela fait partie de ce qu’elle accomplit pour Adorer Allaah, comme Allaah le demande.[2]
Nous sommes dans un parc de la commune d’Orsay, au sud-ouest de Paris, dans le département de l’Essonne (91), en Île-de-France.
Les épouses de nos deux fils étaient enceintes.
Nous sommes aujourd’hui grands-parents de deux petits-fils, alhamdo lillaah : La louange est à Allaah.
Un autre bienfait, parmi les innombrables bienfaits d’Allaah.
Comme celui qui a fait de nous des parents de deux fils.
Deux formidables compagnons, qui poursuivent la marche pour approfondir le Sens et renforcer le Lien.
C’est notre fils aîné qui a pris la photo.
Nous sommes devant un petit lac, appelé le lac du Mail.
Des mois plus tard, mon épouse en a fait plusieurs fois le tour, avec l’un de nos petits fils dans la poussette.
Je les accompagnais par la pensée.
Elle se remémorait la photo parfois, m’a-t-elle précisé, lorsqu’elle passait devant l’endroit où la photo a été prise.
En face de nous sur la photo, le long d’une allée arborée, la silhouette d’une femme assise sur un banc.
Elle lisait je crois.
Flots de pensées ?
Averses d’images ?
Afflux de sensations ?
Qu’Allaah nous couvre de Sa miséricorde et nous accueille parmi les heureux dans l’au-delà.[3]



BOUAZZA


[1] Selon le calendrier dit grégorien.
[2] L’Islaam depuis Aadame (Adam) sur lui la bénédiction et la paix, consiste à faire de son mieux pour Adorer Allaah, comme Allaah le demande.

lundi 24 septembre 2012

À LA RECHERCHE DE L’ENGAGEMENT PERDU

Elle a pris connaissance d’Alqoraane,[1] qui est la continuation, la synthèse et le parachèvement du Message d’Allaah.
Et puis, sur une plage, à la nuit tombée, elle a retrouvé l’engagement perdu.[2]
Notre histoire commence avant notre apparition ici-bas, par notre engagement à la croyance à Allaah.[3]
Un fabuleux don du Créateur qui fait que le plus important est en chaque personne.
Les êtres humains[4] naissent croyants.
Cela n’empêche pas que des personnes nient l’engagement par lequel elles ont reconnu qu’Allaah Est leur Seigneur.
En effet, des changements interviennent tout au long de l’existence ici-bas.
Les uns gardent cette croyance, les autres la perdent, et certains, selon des modalités différentes, des cheminements divers, et des voies multiples, y retournent.[5]
Allaah n’a pas voulu que l’être humain soit contraint à l’Adoration.[6]
Chaque personne est donc libre de croire ou de ne pas croire.
Et chaque personne est responsable de son choix.
Il va de soi que cette Liberté de choix ne s’oppose pas à la Volonté d’Allaah.
C’est parce que Allaah l’a voulu, que l’être humain bénéficie de cette Liberté de choix.
Allaah peut imposer ce qu’Il veut, à qui Il veut, comme Il veut, quand Il veut.[7]



BOUAZZA


[1] Le Coran.
[2] Je pense ici à Mélanie Georgiades (dont le nom de chanteuse de rap est Diam’s).
En retournant à la croyance et en portant le foulard des croyantes, elle a permis à la haine contre l’Islaam d’exploser encore une fois contre ce qui est appelé en France le voile de l’oppression et de l’obscurantisme, haine qui se sert d’amalgames, par exemple, avec des traditions rétrogrades que l’Islaam rejette, dénonce et combat.
L’Islaam depuis Aadame (Adam) sur lui la bénédiction et la paix, consiste à faire de son mieux pour Adorer Allaah, comme Allaah le demande.
[3] Et lorsque ton Seigneur tira des reins des fils d’Aadame leur progéniture et les fit témoigner contre eux-mêmes : Ne suis-Je pas votre Seigneur ? Ils dirent : Si, nous en témoignons
Alqoraane (Le Coran), sourate 7 (chapitre 7), sourate Ala’raaf, L’Enceinte du Paradis, Les Limbes, aayate 172 (verset 172).
[4] C’est d’eux qu’il s’agit ici.
[5] Et lorsqu’une personne après des errements retourne à la croyance à Allaah, c’est le "retour du cœur dans sa patrie" comme le dit pour ce qui le concerne Léopold Weiss, qui a choisi de s’appeler Muhammad Asad (Mohammad Açad).
[6] Al’ibaada.